« AVEC OUATTARA C’EST UN GOUVERNEMENT DES HUMEURS DANS UN NON DROIT LE PLUS ARCHAIQUES… » (Alain CAPPEAU)
Intervention du Pr Alain CAPPEAU, Conseiller Spécial du Président Laurent GBAGBO, sur les ondes de la radio LA VOIX DE LA RESISTANCE AFRICAINE du 3 Novembre 2011. Interview qui aura duré 2h15mn.
La VRA : M. Alain CAPPEAU, veuillez vous présenter à nos auditeurs.
Alain CAPPEAU : Depuis le 21 Septembre 2007, je suis Conseiller Spécial du Président Laurent GBAGBO, attaché à son cabinet, nommé par décret présidentiel N° 2007-584. Je n’avais pas d’affectation particulière, je le conseillais simplement d’une manière transversale, aussi bien dans des domaines économiques, de l’éducation, de la formation que dans des secteurs industriels, médicaux ou entrepreneuriaux. Je tiens à vous préciser que je tire de cette nomination une légitimité qui m’autorise aujourd’hui à m’exprimer, quand bien même, d’autres en France et au-delà s’autoriseraient des titres et prérogatives qu’ils n’ont pas, pour s’exprimer au nom du Président GBAGBO, en créant une cacophonie inaudible.
La VRA : Quel fut votre réaction au soir du 11 avril 2011 ?
Alain CAPPEAU : Lorsqu’on est confronté à ce genre de situation vous savez notre réaction dépasse l’entendement humain, d’autant que les jours qui ont précédé ce 11 Avril, en l’occurrence du 9 au 10 avril, j’étais en relation téléphonique permanente, à la fois avec des autorités Françaises et avec, les attachés de cabinet et le secrétaire général M. TAGRO, de la résidence du Président Laurent GBAGBO, pour tenter d’arrêter le massacre perpétré par une coalition de forces rebelles, de forces françaises et Onusiennes. Je disais à un ancien ministre de la défense française, (ami du Président GBAGBO) « qu’Abidjan valait bien une trêve », j’entendais dans mon téléphone le pilonnage des assaillants sur la résidence, les cris du personnel, les appels au secours, mais rien n’y fit, du côté des assaillants on me fit comprendre qu’ils étaient « sous une chape de plomb » et qu’il fallait aller jusqu’au bout. Nous ne reviendrons pas sur ce qui s’est passé, mais tout le monde sait qu’on à destitué un homme, légalement élu par le peuple et par une instance suprême, par un coup d’Etat électoral d’abord et militaire ensuite.
La VRA : Pour revenir sur M. le ministre TAGRO dont on a vu le visage ensanglanté, défiguré, aviez vous eu l’occasion de lui parler ?
Alain CAPPEAU : Paix à son âme ! J’étais en ligne avec celui qui lui tenait la main
lorsqu’il à entrouvert la porte et sorti un mouchoir blanc, dont tout le monde connait la
signification. Ensuite, c’était fini, plus de réseau, la mort rodait. Vous savez la résidence du Président GBAGBO n’était pas un bunker comme on a entendu le dire. Ce sont trois petites résidences construites par le Président BEDIE, qui ont été regroupées et aménagées, avec des sous sols aérés ou tous, ou presque sont descendus se réfugier. A partir de là, les forces rebelles coalisées ont forcé l’entrée de la résidence puis les FN ont fini le travail en saccageant et pillant les lieux et en molestant avec jouissance et avidité qui vous savez, la suite on la connait ! Je ne saurai pas vous dire qui à tiré sur le ministre D TAGRO, l’histoire parlera plus tard lorsque la justice sera passée, ce qui n’est pas demain la veille.
La VRA : Pour en revenir à la résolution 1975 dont vous parliez, pour vous comment cette résolution aurait dû être appliquée par la force licorne.
Alain CAPPEAU : Cette résolution était claire, enfin comme toutes les résolutions du
Conseil de Sécurité des Nations Unies, suffisamment pour qu’on puisse l’adapter ! Il
fallait simplement empêcher les forces armées loyalistes d’utiliser leurs armes lourdes, et non pas d’ouvrir la route avec des hélicoptères de combat, à une coalition de rebelles, pour aller pilonner la résidence du Président, enfoncer les grilles, tuer celui qui se rendait et se saisir d’un chef d’Etat en exercice. La démocratie naissante en Côte d’Ivoire, instituée par le Président GBAGBO s’est transformée en une oligarchie qui a insulté la constitution, bafoué les institutions, en avilissant un peuple, même l’Habeas corpus édicté dans le haut moyen âge au 17em Siècle, qui était à la base des droit de l’homme, était plus civilisé. On assiste aujourd’hui à un gouvernement des humeurs dans un non droit le plus archaïque qui à signé l’arrêt de mort de l’intérêt général au profit de l’intérêt d’un cercle restreint voué à l’arbitraire.
La VRA : M. CAPPEAU, à vous entendre on est convaincu d’une chose, leur seul objectif était de « se payer la tête » du Président GBAGBO. Selon vous, au terme du résultat du second tour des élections Laurent GBAGBO a-t-il véritablement gagné ces élections ? Si oui qu’est ce qui justifie cet acharnement contre le Président GBAGBO ?
Alain CAPPEAU : Ce que j’ai omis de vous dire en introduction, c’est que le chef de l’Etat m’avait demandé, en son temps, d’être un opérateur de la campagne présidentielle. De fait j’ai également été nommé Conseiller Spécial du directeur National de Campagne avec des attributions en Europe. J’ai également accompagné le Président dans quelques déplacements de campagne en Côte d’Ivoire. J’ai donc suivi de très près tout ce qui pouvait se passer. Sur place j’ai constaté de visu les fraudes électorales, les bulletins trafiqués, les procès verbaux absurdes donnant plus de voix que de votants, les bouffonneries de la CEI, les ingérences occidentales grossières etc... Mais ne revenons pas là-dessus, tout le monde sait aujourd’hui qu’il y a eu fraude massive issue d’un comportement conspirationniste installé peu à peu en Côte d’Ivoire à partir de la tentative de coup d’Etat de Septembre 2002. Je reprends d’ailleurs tout cela dans mon prochain livre à sortir prochainement en remettant chaque acteur à sa place. Il eut été simple de recompter les votes, pourquoi ne l’a-t-on pas fait ! Tout simplement parce que ce scénario ne faisait pas parti du schéma conspirationniste que je viens d’évoquer. Pour répondre à la deuxième partie de votre question, Pourquoi ? Eh bien parce que nous sommes, en Côte d’Ivoire comme dans d’autres pays en crise aujourd’hui en Afrique du Nord par exemple, dans une logique de guerre géopolitique internationale, ou les lobbies sont à l’oeuvre. Ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire n’est que la continuité post moderne, de la conférence de BERLIN qui dépeça l’Afrique, sous l’autorité de Bismarck, entre Novembre 1884 et Février 1885 ! La manne Ivoirienne, c’est l’industrie pétrolière off-shore, c’est la position stratégique dans le golfe de guinée, c’est le port d‘Abidjan, qui est le 2em port d’Afrique après Durban, c’est le cacao, c’est la bauxite, l’or, le nickel l’argent le diamant etc.. Comment tout cela à profusion n’attiserait pas les convoitises des pays occidentaux aux abois ! Je vous revoie, pour plus de précisions « homéopathiques » à nouveau à mon prochain ouvrage.
La VRA : Après le 11 avril il y a eu des avis assez divergeant, au niveau des patriotes, qui disaient que pour éviter tout ce bain de sang, il aurait fallu que le Président GBAGBO se rende, bien avant les bombardements, qu’en pensez-vous ?
Alain CAPPEAU : On peut toujours refaire l’histoire ! La nation ivoirienne à été attaquée par des forces rebelles coalisées, les FDS n’ont fait que défendre l’intégrité nationale, une souveraineté difficilement gagnée, je rappelle que si la liberté c’est choisir ses chaînes, la souveraineté c’est décider de ne plus avoir de chaînes et ça voyez vous ça gêne ! Laurent GBAGBO n’a déclaré la guerre à personne que je sache, il aura été battu par un coup de poignard dans le dos, par ceux, pour lesquels il avait pris des décrets pour qu’ils puissent se présenter aux présidentielles alors qu’ils étaient l’un et l’autre pour des raisons différentes, hors jeux ! Ingratitude ! Il y a un proverbe qui dit : « N’élève pas des corbeaux, ils te crèveront les yeux ».
La VRA : Face à cette injustice et vu l’impossibilité d’un Etat de droit qui prévaut en ce moment en Côte d’Ivoire, selon vous, quelle est la solution idoine qui reste au peuple de ce pays pour sortir de cette situation.
Alain CAPPEAU : La vérité, si on se réfère un tant soit peu à l’histoire, ressort au final du peuple. Il faut du temps à un pays groggy pour se relever, si l’on considère que les tyrans sont encore présents pour lui faire courber l’échine. Tôt ou tard la voix du peuple qui est la voix de Dieu l’emportera et dans la mesure ou en Côte d’Ivoire le syncrétisme religieux vit bien, nul doute que cette vérité surgira bientôt. Espérons, que Laurent GBAGBO, à l’instar d’un Mandela pourra être témoin d’un revirement de situation. Pour être cependant plus pragmatique nous savons que dans « les stratégies guerrières » il existe une option, dont on parlera peut être tout à l’heure, qui est celle de la rue, mais pour cela un certain nombre de conditions bien précises doivent être réunies. Tant que Laurent GBAGBO reste en vie et en Côte d’Ivoire, le peuple sera dans une démarche « raisonnée », si celui-ci venait à sortir de nos écran radar, alors là ! Chacun devra surveiller ses abattis, que Dieu nous en préserve !
Le « cas » GBAGBO, pour les vandales conspirationnistes est un « bâton merdeux ». Voilà un homme détenu, dans une parodie de justice sans chef d’inculpation sérieux: Et si on rejouait le procès des templiers ! Ca n’est pas si vieux que cela non ! En résumé le gage d’une frêle stabilité sociale en Côte d’Ivoire, c’est la présence le Laurent GBAGBO en vie, et sur le territoire, en revanche si l’on souhaite un apaisement général, alors là c’est une libération sans préalable de Laurent GBAGBO de son épouse, de son fils et de tous ses collaborateurs encore détenus, qui, plus que nécessaire est impérative.
La VRA : Autrement quels seraient les autres moyens qu’on aurait, pour permettre notamment la libération des prisonniers politiques ?
Alain CAPPEAU : Pour moi, qui suis un Universitaire et qui ai l’habitude de mette en perspective des plans structurés et opérationnels, soumis à l’expérimentation, je considère qu’il y a quatre stratégies à développer en simultanéité. La première, retourne de l’action judiciaire. Le Président GBAGBO, comme je viens de le dire, est incarcéré pour des faits imaginaires, il dispose pour se défendre d’une batterie d’avocats qui font « le boulot ». Le problème c’est que nous sommes aujourd’hui dans le non droit, dans l’hérésie judiciaire ou tous les coups sont permis. Dans un régime despotique, on cogne d’abord puis on tente de s’expliquer ensuite, on peut même s’excuser, mais quand le mal est fait il est fait. La deuxième, retourne de l’action politique. C’est dans cette action que je me situe aujourd’hui, si vous me le permettez je n’en dirai pas plus. Je citerai Montaigne qui disait que « le grand art de l’homme fin est de ne point paraître » La troisième, retourne de l’action populaire. Nous l’avons évoquée il y a un instant, je ne m’attarderai donc pas plus, si vous le permettez sur cet aspect. Je me réjouis cependant de voir les mobilisations de la diaspora en Europe, menées par toutes ces organisations déterminées à faire parler le droit, que son le CRI, la Codesci, les femmes patriotes, le CURCI, la COPACI, et bien d’autres. Je regrette cependant que toutes ces initiatives personnelles honorables, ne soient pas fédérées, ne soient agrégées, qu’il n’y ait pas un leader naturel, pour faire bouger les lignes dans une unité d’action. On ne va quand même pas faire un casting pour le trouver !
La quatrième, retourne d’une action pouvant se prévaloir de la loi du talion. Le
Président GBAGBO n’a jamais été un pousse au crime, ni même un chef de guerre, bien au contraire, alors que, comme le disait De Gaulle, « La chose militaire est organique à la France ». Fermez le ban ! L’humanité est ainsi, une forme de salissure épandue sur la terre.
La VRA : Parmi les quatre stratégies que vous évoquez, pourquoi ne pas inclure le peuple Français, étant donné que c’est lui qui finance les guerres que ses dirigeants font à l’Afrique ?
Alain CAPPEAU : Laissons, si vous le voulez bien le peuple Français à ses propres difficultés, et s’il finance des guerres, comme vous le dites, c’est bien à son insu. La
Démocratie, c’est confier le pouvoir à un groupuscule qui va ensuite servir des intérêts et non plus des convictions. La démocratie existe simplement dans les urnes (quand elles ne sont pas pipées !) après les élus font bien ce qu’ils veulent de cette démocratie, pour aller de la manipulation mentale ordinaire jusqu'à la dictature. Laurent GBAGBO a perdu la guerre des médias, lesquels ont vidé les cerveaux des peuples, et en particulier du peuple Français, en d’autre temps on aurait appelé cela de la propagande. Nombre de médias de chaînes d’information en continu, sont à la solde des groupuscules que je viens d’évoquer, de fait le matraquage distillé à dessein sert les intérêts particuliers. On ne va pas refaire le monde, mais la roue tourne !
Dans le peuple Français, plus exactement dans une certaine intelligentsia, on se gargarise en parlant d’un possible déferrement de Laurent GBAGBO et d’autres personnalités à la CPI. Mais enfin ! En droit c’est exclus, pour des tas de raisons. Savez-vous qu’un juge (ou un procureur) n’applique pas le droit comme il veut bien nous le dire, mais sa propre interprétation qu’il fait du droit, comme les politiques ont interprété la résolution 1975 que nous avons évoquée. Si donc dans le droit universel
que nous connaissons le déferrement est impossible, dans les faits il est possible.
Comme je l’ai souvent dit pendant la campagne électorale, restons vigilants, car deux événements se préparant, les législatives en Côte d’Ivoire et le prochain départ du procureur de la CPI, toutes les ententes collusoires sont possibles pour faire que des détenus succombent à de banales grippes !
Mais vous savez le peuple Français à sa représentation démocratique en France, il s’agit du parlement, et là il y a dire car nombre de députés, au comportement poltron, qui avaient en son temps bénéficiés des largesses du président GBAGBO se sont fourvoyés dans une couardise sans nom. Je voudrais citer un propos d’un journaliste sorti du nouvel observateur du 17 Mars 2011 « …ils prennent des députés pour des lâches. Mais en l’occurrence pour défier Sarkozy, ceux-ci ne devront pas écouter leur courage mais leur trouille, la trouille de ne pas être réélus. Dans les mois à venir les députés vont avoir un seul guide : leur instinct de survie »
La VRA : Pensez-vous qu’un changement au sommet de l’exécutif Français pourrait favoriser un retour à la légalité en Côte d’Ivoire ?
Alain CAPPEAU : Il est évident que tenant compte de tous les chamboulements mondiaux auxquels nous assistons les cartes vont être rebattues et redistribuées. En
tout cas ça ne pourra pas être pire ! On est dans une rupture de civilisation, et j’ai bien peur que les défis auxquels on aura à faire face, nous (les peuples occidentaux en général) amènent à prendre de la distance avec la situation en Côte d’Ivoire. Un événement en chassant un autre, gageons cependant qu’un changement au niveau de la composition de l’organe législatif en France, pourrait conduire certains députés à chercher à comprendre ce qui se passe en Côte d’Ivoire, et au-delà en Afrique noire.
Journalistes de la VRA: LOVING GBAGBO HERMANN ABOA, COUMBA, FLORA
LIVOIRIENNE, ONNA GBAGBOLITE.
NDLR: Pr. Cappeau sortira un livre dans les prochains jours aux éditions
l’harmattan et s’intitulera GBAGBO LA CONSCIENCE IVOIRIENNE.
Pour plus d'info sur Harmattan ou sur la VRA (La Voix de la Résistance Africaine)