Gbagbo-Alasane, la guerre des nerfs.
On a coutume de dire que le nerf de la guerre c'est l'argent. Le pouvoir dans un Etat repose essentiellement sur l'économie et l'armée. Et cela Alasane Ouattara qui se réclame président élu, l' a bien compris. Face à son adversaire Laurent Gbagbo déclaré vainqueur aux élections par la cours constitutionnelle, Alasane Ouattara élu président selon la CEI (commission électorale indépendante) et soutenu par la communauté internationale n'a en réalité sur le terrain aucun pouvoir. L'armée nationale est acquise à Laurent Gbagbo. Ce qui lui donne un réel avantage. Pour rattraper ce retard, Alassane cherche à contrôler les régies financières.
"Selon un de ses très proches, dès 8 heures du matin, Alassane Ouattara se met au travail, réunit son cabinet et s’emploie à mobiliser tous ses réseaux à l’international. Le 5 décembre, il a ainsi écrit à la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest pour qu’elle ne reconnaisse que la signature de son ministre des Finances. Deux jours plus tard, ce sont les Nations unies et diverses chancelleries occidentales qui ont reçu leur courrier réclamant que les ambassadeurs ou les ministres au service de Laurent Gbagbo soient considérés comme illégitimes.
Toujours pour circonscrire les actions du camp adverse, Guillaume Soro a été mis à contribution pour faire tomber l’administration du côté d’Alassane Ouattara. C’est déjà le cas pour les préfets des zones sous contrôle des Forces Nouvelles mais les nominations parallèles effectuées dans les grandes entreprises publiques comme la RTI ou dans les secteurs clés de la douane ou de la filière café-cacao risquent d’être plus difficiles à mettre en oeuvre. Laurent Gbagbo n’entend pas se plier à cette politique du fait établi et il a pris ses dispositions pour sécuriser ses hauts fonctionnaires."
Face à cette situation, une question revient dans la bouche des ivoiriens, "Qui va payer les salaires des fonctionnaires ces prochains mois en Côte d'Ivoire? Dans les couloirs du palais présidentiel, la question ne souffre d'aucune appréhension. Aucun changement notable n`a été opéré à la tête des régies financières (Trésor, Impôts, douanes...), il n'y a donc aucun crainte à avoir. Les choses se feront comme d'habitude dans le calme et la sérénité, révèle t-on du côté du palais.
La Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique (DGTCP) communément appelée Trésor public, garant de l`équilibre monétaire financier et budgétaire dans l`économie du pays est opérationnelle. C'est elle qui a pour mission de percevoir les impôts du contribuable et de procéder au paiement des agents de la Fonction publique.
le gouvernement ivoirien va normalement continuer à avoir accès à son compte étant donné que la banque centrale ne reconnaît que le spécimen de signature de l`agent comptable du trésor qui détient les carnets de chèques pour le compte de l`État ivoirien.
Le rôle de la BCEAO
L`article 14 des statuts de la BCEAO stipule que: « la banque centrale peut consentir aux trésors publics des Etats de l`Union, et à son taux d`escompte, des découverts en compte courant ». Le découvert est une forme d`avance consentie à court terme à un compte courant .
L`équipe du président Laurent Gbagbo détient encore le circuit de mobilisation des ressources publiques. Les directeurs des régies financières maintenus à leurs postes continuent d'engranger les recettes et les mettre à la disposition de l'État.
De mémoire, le gouvernement ivoirien avec à sa tête le président Laurent Gbagbo l'on s'en souvient, a déjà traversé une situation trouble au plus fort de la crise. En effet, la suppression des avances statutaires de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest et le gel des concours extérieurs avaient amené le Trésor public à recourir essentiellement au financement des marchés monétaires et financier par l’émission de bons du Trésor et d’emprunts obligataires."
Sources: Rfi, RTI
Pour le moment sur le terrain, à la date d'aujourd'hui, C'est bien Laurent Gbagbo qui contrôle les régies financières de la Côte d'ivoire. La situation est actuellement calme, les échanges commerciaux internes ont repris, les boutiques ont re-ouvert et Abidjan revit.
Truthway.