LA CÔTE D'IVOIRE VERS UNE NOUVELLE EXPLOSION SOCIALE
Tueries, rackets, viols, pillages, démolitions de biens privés, cherté de la vie…
La Côte d’Ivoire vers une nouvelle explosion sociale
Les Frci continuent de commettre des exactions. Attention, le signal est alarmant. La Côte d’Ivoire sous le président Alassane Dramane Ouattara présente une figure que les populations n’avaient encore connue avant le 11 avril 2011.
Il ne se passe plus de jour sans que la presse ne fasse écho des agressions sur des populations civiles par les Forces pro-ouattara (Frci). Mais il a aussi ces intempestifs mandats d’arrêts lancés contre des citoyens à qui il est reproché d’avoir eu des atomes crochus avec l’ancien président Laurent Gbagbo. Agressions sur les populations. Le cas le plus récent est la violente altercation entre ces militaires de l’armée de Ouattara et les populations de Blockhaus village ebrié dans le chic quartier de Cocody en plein coeur d’Abidjan la capitale ivoirienne. Cette bagarre a fait trois blessés dont deux par balles et par machette et un camion de l’armée incendié.
Le Jeudi 15 septembre dernier, un groupe armé assimilé à des « mercenaires libériens » a fait une incursion à ziriglo (Guiglo) et à nigré (Grabo) en territoire ivoirien. Bilan 20 morts et plusieurs dizaines de blessés. A ziriglo (Guiglo) et à Nigré (Grabo) en territoire ivoirien. Une chape d’insécurité enveloppe le pays entier depuis le 11 avril dernier date de l’arrestation arbitraire du Président légitime Laurent Gbagbo par une coalition armée dirigée par la France et composée outre de la force Licorne, des forces de l’Onu, des rebelles des Forces nouvelles et des mercenaires étrangers. Ce climat d’insécurité provoque une transhumance vers des cieux plus tranquilles.
Ce sont en effet, 2,5 millions de refugiés ivoiriens qui se retrouvent au Ghana, plus d’un million au Liberia et 10 000, au Togo. Ces chiffres sont ceux de Patrick zasso dit ‘’en global’’ président de l’association des exilés ivoiriens au Ghana (Arid) qui ne prennent pas en compte les exilés en europe et en Amérique. A ceux là il faut ajouter les exilés internes qui, craignant pour leurs vies vivent cloîtrés entre quatre murs chez des parents ou amis à Abidjan et dans les localités de l’intérieur. Tous ces Ivoiriens contraints de quitter précipitamment leur pays nourrissent un ardent désir d’y revenir. La vie d’exilé n’étant pas aisé et surtout que la Constitution ivoirienne interdit l’exil à ses citoyens. A défaut de rencontrer une oreille attentive du côté du pouvoir Ouattara, qu’adviendra-t-il si ceux-ci décident de s’offrir une alternative brutale de rentrer dans leur pays ?
A l’état actuel de la gouvernance de Ouattara, il est quasi impossible de parier sur le nombre exact d’exilés. Au ministère des Affaires étrangères, celui de l’Intérieur ou encore au sein des organismes des droits de l’homme, le mystère reste entier.
Opération déguerpissement
A ce lot d’infortunés, s’ajoute un grand nombre de populations qui se retrouvent sans outils de production de richesses pour ceux que la crise et ses pillards avaient momentanément épargné. De fait, Ouattara a décidé d’aller en guerre contre l’insalubrité, une notion qui n’est pas sans dommages pour le petit commerce. Un nouveau sobriquet «Maman bulldozer» est même d’actualité pour désigner l’actuelle ministre de la Salubrité urbaine de Ouattara, Mme Anne Désirée Ouloto la main exécutrice.
Chaque commune du District d’Abidjan connait son lot de «destruction massive» après le passage des Bulls de Mme Ouloto qui met les petits plats dans les grands. Aucun commerce, petit ou grand n’est de ce fait épargné. Rajoutant à la grogne de la quasi-totalité des populations dont certaines ont été jetées à la rue du fait de la fermeture des entreprises et d’autres marginalisées par une société ivoirienne inflationniste. Ces populations, vivant pour la plus part des petits métiers, petits commerces et surtout de la débrouillardise n’en pouvant plus, s’en étaient remises aux politiques qui régentent actuellement le pays. Ce sont ceux-ci qui hélas viennent de ruiner leurs derniers espoirs avec «l’opération déguerpissement». La moutarde de la colère populaire monte, monte, et les altercations se multiplient au quotidien.
Faut-il voir en chacune de ces altercations entre Frci et populations, déjà un ras-le-bol des gouvernés vis-à-vis des gouvernants ?
Plusieurs signes permettent en effet, de chercher les causes de l’exaspération populaire de ce côté-là. La Côte d’Ivoire espérait sortir de huit ans de crise politique et l’opinion internationale croyait qu’il aurait suffit de se débarrasser du Président Laurent Gbagbo pour que l’affaire soit dans le sac. Mais que non ! Plus les jours passent, plus les choses se compliquent davantage du point de vu réconciliation nationale. Aucun signe politique ne permet à l’état actuel de la marche du pays, de revenir à la cohésion sociale des décennies précédentes.
Bientôt les Ivoiriens seront appelés à renouveler le mandat de leurs représentants à l’Assemblée nationale. Mais les choses ne sont pas si aisées qu’elles en donnent l’air. Passés les grands moments de frayeurs qu’il avait l’obligation historique de vaincre, le Front populaire ivoirien parti crée par le Président Laurent Gbagbo sort de plus de sa torpeur. Certes son président Pascal Affi n’Guessan est emprisonné à Bouna au nord-est du pays et une bonne partie de la direction nationale est en exil. Mais le Fpi refuse la mort que lui voue la coalition de ses adversaires du rhdp. Il a claqué la porte de la Commission électorale indépendant (Cei) entrainant dans son sillage, son allié Udcy au sein de La majorité présidentielle (Lmp). Les élections législatives qu’attend le camp Ouattara pour se donner un élan de légitimité tant au plan interne qu’externe, risque de prendre du plomb dans l’aile. Le Fpi n’y va plus, mettant ainsi fin aux nombreuses supputations sur sa participation ou non. non seulement ce parti et ses alliés du Congrès national pour la résistance et la démocratie (Cnrd) mettent en cause la victoire d’Alassane Ouattara tout en invitant la communauté internationale «au recomptage des voix pour faire éclater la vérité» -même si pour l’instant celle-ci joue la sourde oreille -. Mais le Fpi ne se contente plus de dire «non». Le parti crée dans l’adversité par Laurent Gbagbo va jusqu’à hausser le ton par moment. D’abord par Michel Amani n’Guessan, membre de la haute direction du parti chargé des questions de la sécurité.
L’ancien ministre de la Défense sous le président Gbagbo qui connaît bien les rouages de l’armée ivoirienne pour l’avoir dirigée pendant les moments de braise, invitait les militants à «vaincre la peur» et promettait au nouveau régime la capacité de son parti à «renverser la situation». On ne défie le singe aux jets de pierres que si l’on a son tas de cailloux à ses pieds, dit la sagesse africaine. «C’est pourquoi, du 19 septembre 2002 à aujourd’-hui, je crois que nous sommes toujours en guerre. C’est l’impression que me donne le pouvoir» dixit Michel Amani N’Guessan dans un entretien à un confrère. Même si pour lui, son parti croit fermement aux vertus démocratiques.
«Nous allons nous battre pour réinstaurer la démocratie en Côte d`Ivoire, et avec des moyens démocratiques»
Pas pour autant qu’il faille jouer les chevaliers servants du rhdp. En tout cas le Fpi n’est plus prêt à se laisser conter. Sa toute dernière réunion tenue au Ghana où la quasi-totalité de sa direction s’est retrouvée en exil, laisse transparaitre l’idée que «la récréation Ouattara» va bientôt prendre fin. En effet, après avoir dépeint la situation d’insécurité, le Fpi attend voir le régime Ouattara à l aune des libertés publiques et individuelles qui passent par la libération de Laurent Gbagbo, son épouse, son fils, son Premier ministre, ses proches, les membres de son gouvernement. qu’adviendra-t-il si le régime Ouattara, fort du «soutien de la communauté internationale» fait la sourde oreille face à ces différentes exigences qui se confondent à celles de ces innombrables populations qui ne sont pas forcément pro-Gbagbo ? Croisons les doigts !
Source : Le Temps