TOUT SAVOIR SUR LA PREMIERE COMPARUTION DU PRÉSIDENT GBAGBO DEVANT LA CPI- Des révélations sur sa vie à korhogo et le rôle de la France

Publié le par thruthway

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Le président Laurent Gbagbo a comparu lundi pour la première fois devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye où il est poursuivi pour crimes contre l'humanité lors de la guerre civile consécutive à l'élection présidentielle, entre décembre 2010 et avril 2011.

Capturé en avril à Abidjan par l’armée française, le véritable président ivoirien élu, qui est âgé de 66 ans, a été transféré la semaine dernière à La Haye dans des conditions humiliantes. Il est le premier chef d'Etat traduit devant la CPI depuis sa création, en 2002.

En costume sombre, chemise blanche et cravate bleu nuit, apparemment reposé et en bonne santé lors de cette comparution initiale qui a duré moins d'une demi-heure, le président Laurent Gbagbo a décliné son identité et déclaré à la cour qu'il était bien traité dans le centre de détention de Scheveningen.

"Bonjour madame la présidente, je vous remercie de me laisser prendre la parole, je m'appelle Laurent Gbagbo", s'est présenté le président Laurent Gbagbo auprès de la juge présidente Silvia Fernadez de Gurnendi, peu après l'ouverture de l'audience à 14 heures. "J'ai été arrêté le 11 avril 2011 sous les bombes françaises", a poursuivi le président, "C'est l'armée française qui a fait le travail", a-t-il dit.

 


 

 

Il a déploré en revanche ses conditions de détention à Korhogo, dans le nord de la Côte d'Ivoire, où il a été assigné à résidence après son arrestation à Abidjan suite au coup d’Etat du 11 Avril perpétré par les forces françaises stationnées à Abidjan (la capitale économique), au bénéfice de son rival Alassane Dramane Ouattara

Il n'avait droit, a-t-il dit, qu'à un lit, une moustiquaire, une douche et deux repas par jour. Il n'a pu en revanche voir la lumière du jour. "Je ne suis plus un jeune homme, j'ai 66 ans. Mon épaule me fait mal, mes poignets me font mal", a-t-il poursuivi.

On estime que 3.000 personnes ont été tuées et plus d'un million d'autres déplacées lors des quatre mois de guerre civile provoquée par l’Elysée qui ont ébranlé la Côte d'Ivoire.

Selon le procureur de la CPI,le président Laurent Gbagbo est un "acteur indirect" de quatre chefs de crimes contre l'humanité pour "meurtre, viol et autres formes de violences sexuelles, persécutions et autres actes inhumains".

Son transfert à La Haye et sa comparution devant la CPI interviennent à un moment délicat pour la Côte d'Ivoire, où des élections législatives (non démocratiques) sont programmées dimanche prochain.

Le camp Ouattara et la CPI, redoutant que sa traduction devant la juridiction internationale ne déclenche des troubles en Côte d'Ivoire, se sont employés à garder le secret sur son transfert aux Pays-Bas. Le mandat d'arrêt le visant n'avait pas été rendu public au préalable.

Laurent Gbagbo lui-même dit avoir été pris de court, ajoutant qu'on l'avait simplement informé qu'il allait être présenté à un magistrat ivoirien.


UNE "JUSTICE DES VAINQUEURS" ?

 

Malgré les démentis d'Alassane Ouattara, qui nie mettre en œuvre une "justice des vainqueurs", le fait que seul le camp Gbagbo, et le président Gbagbo au premier chef, soit exposé à des poursuites pour les crimes commis entre novembre 2010 et avril 2011 est également de nature à alimenter un sentiment d'injustice.

"Finalement, cela ressemble beaucoup à ce qui s'est passé au Congo démocratique. Il y a une élection, et le perdant (ndlr, Jean-Pierre Bemba) s'est retrouvé à la CPI, même si des crimes avaient été commis par les deux camps", ajoute Richard Dowden, qui voit là "une bien mauvaise manière d'amorcer la réconciliation".

Exfiltré de Korhogo, le 29 novembre, conduit en hélicoptère à Abidjan, Laurent Gbagbo a ensuite été mis à bord d'un avion pour Rotterdam, où il est arrivé le 30 novembre.

La prochaine audience a été fixée au 18 juin 2012. Le procureur Luis Moreno-Ocampo devra démontrer qu'il dispose de suffisamment d'éléments justifiant la tenue d'un procès.

 

Source : Autres presses

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Publié dans Actualité judiciaire

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