100 JOURS DE TUERIES, MISERES…LA MARCHE FUNESTE DE « ADO SOLUTION »

Publié le par thruthway

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S’il devait résumer les 100 jours d’Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’ivoire, c’est sans contexte que l’on retiendrait : la communication outrancière, du bruit, beaucoup de bruits pour un travail qui n’est pas encore exécuté et qui reste à l’être. A part bien sûre ce qui lui est reproché : son silence coupable et complice face à l’insécurité rampante.

 

Les 100 jours stricto sensu du gouvernement Guillaume Soro formé le 1er juin 2011, sont bouclés le 8 Septembre 2011. Cent jours de marche, cela mérite bien une pour retrouver haleine. C’est ce qu’ a fait Alassane Ouattara en convoquant donc son premier ministre et l’ensemble de son gouvernement à un séminaire gouvernemental. Ce, pour avoir une nette idée de ce qui est fait à ce jour, ce qui reste à faire sur 1725 jours restants du mandat présidentiel si bien entendu les aléas politiques ne viennent troubler les prévisions de l’équipe Ouattara ; mais aussi et surtout ce que les ivoiriens des vainqueurs de la guerre contre le président Laurent  Gbagbo.

 

D’abord il est bon de savoir qu’après seulement 45 jours d’exercice tout le gouvernement Soro avait été mis en vacance pour deux semaines (15 jours) par Ouattara qui ne s’était pas oublié. Ce qui arithmétiquement fait donc 100 moins 15 jours égal 85 jours et non 100 fastidieux jours. Au-délà du fait qu’il faut retenir que les nouvelles autorités aiment le farniente et autres escapades dignes de la vie mondaine qui les caractérisent majoritairement, il y aussi qu’elles adorent les opérateurs de communication à grand  bruit.

 

A cette même période de la gouvernance, la Côte d’ivoire sous le Président Laurent Gbagbo avait réussi à conclure un accord avec les institutions de Breton Woods (Banque mondiale et Fonds monétaire international). Contrairement à l’actuel gouvernement Rhdp qui ne trouve le salut que dans l’endettement. Le pays s’est endetté de façon exponentielle, 6700 milliards en Octobre 2000 juste avant la chute de l’ex-président Henri Konan Bédié le 24 Décembre 1999. Mais sous le président Gbagbo, l’Etat va s’appliquer à faire face à ses engagements internationaux en remboursant 750 milliards par an. Le premier décaissement est fait 3 mois après la prestation de serment du président de la République, debut janvier 2001. Le produit intérieur brut (Pib) qui sous le règne du Pdci-Rda avec le premier ministre Alassane Ouattara, avait diminué de 3417,6 milliards F.CFA à 3127 milliards F.cfa en 1993 soit – 8,5%, va connaître une croissance. Sous Gbagbo il passe à 11.000 milliards F.cfa en 2010 soit +44,16%.

 

Mais Laurent Gbagbo n’avait pas eu besoin de convoquer un séminaire gouvernemental, puisqu’il avait une idée claire, une vision limpide de ce dont la Côte d’ivoire a besoin pour amorcer un nouveau décollage après la ruine provoquée par le Pdci-Rda. Tout avait été décliné dans un projet de société et un programme de gouvernement, de sorte que personne dans le peuple ne pouvait croire que les nouveaux dirigeants qu’ils étaient à cette époque naviguaient à vue et donnaient dans l’improvisation, comme c’est le cas aujourd’hui.

 

En effet Ouattara multiplie des sommations à l’encontre de ses ministres. De fait, dès son retour des vacances françaises, M. Ouattara avait convoqué le gouvernement à un conseil des ministres extraordinaire au cours duquel, chaque membre de son gouvernement y compris son premier ministre Soro devait lui présenter un mémorandum. Celui-ci contenant un plan de travail, une feuille de route avec objectif (s) à atteindre et surtout à quelle période de l’exercice le membre du gouvernement pouvait être prêt à défendre son travail avec ou sans impact positif sur le résultat final de la gouvernance Ouattara : le fameux ADO solution. Ouattara, il est vrai donne beaucoup dans le « m’as-tu vu ? » : Il badigeonne les garde fous, il trace les bandes blanches sur les autoroutes, il procède à la finalisation de certains grands travaux des voieries à Abidjan et dans les grandes agglomérations de l’intérieur du pays. Le tout à grand renfort de publicité. Mais la réalité est que ces travaux sont déjà financés par les institutions financières partenaires de la Côte d’ivoire et entrepris sous Laurent Gbagbo. Ouattara sait aussi laisser pour parent pauvre les deux grandes problématiques du moment. A savoir, l’insécurité et la création des richesses à défaut de leur consolidation.

 

Le rapatriement des réfugiés et exilés politiques, le rasage systématique et sans avertissement  ni dédommagement, des bâtiments e commerce et la destruction des attelages des petits commerçants sont érigés en programme de gouvernement. Laissant Les Pme-Pmi à leur sort. Au rendez-vous de la création des richesses où l’attendait ses électeurs, Alassane Ouattara s’est largement fourvoyé, en détruisant les commerces qui faisaient la fierté des « gens du peuple », ces petits commerçants qui avaient trouvé une certaine dignité. De cet imbroglio gouvernemental, les plus effarants restent sans conteste, la sécurité des populations et de leurs biens.

 

Sept mois après son arrivée à la présidence, Alassane Ouattara n’arrive toujours pas à contrôler ses éléments de son armée, les fameuses Frci dont il est le chef suprême. Les massacres sont signalés au quotidien dans les journaux du pays. Les perquisitions se font par des Frci en arme dans des domiciles dans l’ignorance, le mépris des lois, et au grand dam des commissaires, juges et autres assermentés. Les populations sont expropriées et leurs domiciles continuent d’être habités illégalement par des hommes armés se réclamant des Frci sans qu’aucune hiérarchie ne s’en émeuve. Quant aux braquages des personnes et des domiciles, les tueries et les actes de vandalisme sur d’innocents citoyens, ils sont quotidiens, sans qu’aucune mesure vigoureuse de coercition ne soit prise pour inquiéter les fautifs et pour rassurer les populations.

 

Faut-il le rappeler, à cette même période de la gouvernance, le président Laurent Gbagbo et son équipe étaient au travail. L’Assemblée nationale fonctionnait normalement car les législatives étaient terminées et les députés siégeaient. Quant aux populations laborieuses, elles avaient laissé derrière elles l’incertitude du lendemain héritée du régime Pdci-Rda de Bédié. Elles avaient renoué avec les loisirs et pensaient dorénavant à comment occuper son week-end, avec le sentiment d’avoir apporté leur pierre à la construction du pays. Et non préoccupées à se demander comment finir les mois, parce qu’à cette époque très récente, personne n’était inquiété à son domicile ou sur son lieu de travail par les hommes armés.  Les enseignants goutaient en pleine dent les fruits du déblocage des salaires que le premier ministre d’Houphouet Boigny, Ouattara avait volontairement scindés en deux : l’un inférieur à l’autre pour le même travail fait avec des diplômes équivalents.  Sans être nostalgique, on peut dire que cent jours après son accession au pouvoir, Laurent Gbagbo avait réussi à faire sauter le verrou de l’angoisse du lendemain qui minait les ivoiriens.

 

Après cent jours passés à la présidence faits de tuerie, massacre, vols, viols, expropriations, occupations illégales des domiciles par ses militaires, atteintes et graves violations des droits de l’homme, que nous réserve Alassane Ouattara pendant les 1725 jours restants de sa gouvernance ? Croisons les doigts !

 

 

De Bertina Soro

 

Source : Le Temps

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Publié dans Actualités politiques

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