LE RDR DE OUATTARA REVENDIQUE LES AGRESSIONS CONTRE LE FPI
Les violences enregistrées samedi à Koumassi, lors du meeting du Fpi, sont des actes commandités par le parti au pouvoir. Le secrétaire général du RDR – dans la position du ministre de l’Intérieur qu’il aurait voulu être – ne cache pas son intention de rééditer l’exploit de Koumassi samedi prochain à Yopougon. Mais cette fois-ci, les résistants l’attendent des pieds fermes.
Par la voix de son secrétaire général Amadou Soumahoro, le Rassemblement des républicains (RDR) revendique les agressions perpétrées samedi, à Koumassi Campement, contre les militants du Front populaire ivoirien (FPI) qui y tenaient un meeting de remobilisation. L’ancien vice-président de la très controversée Commission électorale indépendante (Cei) dirigée par Youssouf Bakayoko n’a pas hésité à mettre à exécution ses menaces proférées au lendemain de la première sortie du Fpi dans la commune du maire N’Dohi Raymond.
En envoyant des loubards fièrement habillés aux couleurs du Rdr pour tout saccager sur leur passage et attenter à la vie des partisans du président Laurent Gbagbo. Il l’avait dit : «Toute manifestation arrogante du Fpi sera matée». Et samedi dernier, il a effectivement fait «mater» un meeting où étaient délivrés des messages qui dénonçaient les injustices dont le Fpi et son fondateur sont l’objet.
Amadou Soumahoro l’assume, et il le dit à qui veut l’entendre. En dépit de quelques velléités de dénégation qui n’ont fait que confirmer sa culpabilité. Il n’y a pas de doute, il a commandité et planifié les violences de samedi contre le Fpi. «Si le Fpi veut continuer à se conforter dans l’arrogance et dans des attitudes belliqueuses, alors je l’ai dit, je l’assume, qu’il sera maté», a-t-il déclaré en toute responsabilité. Selon lui, «la Côte d’Ivoire est devenu un Etat de droit, où chacun doit répondre de ses actes et de ses paroles». En tant que secrétaire général du parti au pouvoir, Amadou Soumahoro dit ne pas «comprendre que des gens insultent, invectivent et tuent tout le monde», parlant des leaders du Fpi non en prison ou en exil, qui ont décidé de faire revivre le parti. Quel sens le Rdr de Ouattara donne-t-il donc au mot arrogance? De quoi parle-t-il ? Comment déterminer le seuil du tolérable fixé unilatéralement par le secrétaire général du RDR, un parti adepte de la violence dont il accuse toujours les autres ?
A vrai dire, ce qui constitue pour Amadou Soumahoro « une arrogance intolérable», c’est le fait de dénoncer les injustices flagrantes dont le Fpi, ses dirigeants, ses militants et sympathisants sont victimes au quotidien. Notamment les tueries, les exactions sur les populations, les expropriations, la tendance à engager la Côte d’Ivoire sur la voie de la dictature, à travers le schéma du parti-Etat, etc. Il refuse d’accepter la vérité et donne dans la violence ; dans le but de réduire au silence le Fpi. Demander la libération du président Gbagbo et de tous les leaders politiques et universitaires injustement emprisonnés par le pouvoir est impardonnable. Et Amadou Soumahoro est là pour le faire comprendre au Fpi, par la manière forte. La kalach, les gourdins et les privations de liberté.
D’ailleurs, si tant est que le discours du Fpi est «arrogant», le RDR – quoique parti au pouvoir – est-il fondé à réprimer un meeting organisé par un autre parti politique, en envoyant les badauds qui pullulent dans ses rangs, casser du pro-Gbagbo ? Cette confusion procède en réalité de la conception moyenâgeuse que le Rdr au pouvoir a de la démocratie d’une part, et de la gestion des affaires de l’Etat d’autre part. Quand le commanditaire des violences du week-end dernier à Koumassi soutient que «tuer des gens, c’est aussi de l’arrogance» et que «le Fpi devrait avoir le profil bas», cela montre qu’il peut agir au nom des autorités administratives et même donner des ordres aux forces militaires. Ou pire, à des loubards. Il ne s’en cache pas d’ailleurs.
Et dire que ce monsieur qui n‘arrive pas à se départir de la haine viscérale qu’il a pour ses concitoyens a pris part à la rencontre entre le nouveau locataire du palais, Alassane Ouattara et la direction par intérim du Fpi conduite par Miaka Ouretto. Autant dire qu’il ne faut rien attendre de ces pourparlers. D’ores et déjà, le Rdr dont Alassane Ouattara est toujours le président, s’emploie à créer –avec l’appui d’autres leaders du Rhdp –la chienlit le 15 octobre 2011, à Yopougon, lors du meeting de la Jfpi qui fait jaser et trembler les caciques du nouveau régime.
Selon Amadou Soumahoro, «la réconciliation doit se dérouler dans le respect mutuel et avec le regret de chacun d’avoir fait souffrir la Côte d’Ivoire». Dans son entendement, les seuls coupables de crimes dans ce pays sont au Fpi. Drôle d’Etat de droit.
Source : Le nouveau courrier