« J’ai été violée sous les yeux de mes enfants ». HRW : « Ils les ont tués comme si de rien n’était »- 4ème Partie

Publié le par thruthway

 

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Le besoin de justice pour les crimes post-électoraux en Côte d’Ivoire

 

Dans cette quatrième partie, d’une suite de révélations sur les crimes post-électoraux, nous allons vous montrer  avec de nouveaux éléments de preuves (témoignages surtout) d’un véritable génocide dans l’ouest de la Côte d’ivoire. viols et meurtres ciblés par les forces pro-ouattara

 

Pour ne pas nous taxer d’être partisans, nous allons nous appuyer exclusivement sur un document produit par Human Watch Right (HWR), une ONG américaine financé en grande partie par un Goerges Soros, un soutien d’Alassane Ouattara. (Pour en savoir plus sur ce lien Soros- HWR, cliquez ici)

 

 

Exécutions sommaires de civils détenus, essentiellement des personnes âgées

 

Lorsque les Forces républicaines déferlaient sur un village, les personnes âgées ou malades, ainsi que leurs proches qui refusaient d’abandonner les êtres chers incapables de fuir, sont souvent restés dans leurs maisons. Dans plusieurs cas au moins, les Forces républicaines ont enfermé ces personnes dans une ou plusieurs maisons du village et les ont tuées dans les jours qui ont suivi. Human Rights Watch a recueilli des informations sur les meurtres d’une trentaine de Guérés qui n’avaient pas été en mesure de fuir avec leurs familles ; dans la vaste majorité des cas, les Forces républicaines ont abattu les victimes âgées à bout portant. Des dizaines d’autres réfugiés interrogés par Human Rights Watch ont déclaré avoir laissé derrière

eux des parents trop âgés dans d’autres villages autour de Toulepleu et de Bloléquin, ce qui semble indiquer que ce bilan meurtrier pourrait s’avérer plus lourd encore.

 

Une femme guéré de 21 ans originaire d’un village proche de Toulepleu a confié que début mars, elle, sa famille et cinq autres habitants avaient été maintenus en détention. Elle a été violée, son mari a été tué pour avoir essayé de la défendre, et d’autres ont été exécutés : Le village a été attaqué par des rebelles [aux alentours du 7 mars]. Les loyalistes étaient restés dans le village pendant un certain temps avant, mais ils avaient fui juste avant l’arrivée des rebelles.

 

Mon mari, mes deux enfants et moi nous sommes cachés chez nous. Les rebelles nous ont trouvés et nous ont emmenés dans la maison du chef du village, où nous avons été détenus pendant une semaine environ, avec cinq autres villageois, dont deux femmes. Chaque jour, ils prenaient quelqu’un et l’abattaient devant la maison. Les rebelles entraient, emmenaient la personne dehors, et puis un coup de feu retentissait et la personne ne revenait plus jamais. Le cinquième jour, j’ai été violée dans la maison par l’un des rebelles. Il m’a violée sous les yeux de mes enfants. Lorsque mon mari a tenté de me défendre, ils l’ont emmené dehors, ont tiré un coup de feu, et il n’est jamais revenu.

 

Une femme de 67 ans originaire de Doké, où des combats entre les forces de Ouattara et celles de Gbagbo ont eu lieu le 13 mars, a fourni à Human Rights Watch une description analogue de l’exécution de 20 civils guérés, en majorité des hommes et femmes âgés : J’ai été réveillée par des coups de feu le premier jour où ils ont attaqué Doké. J’étais chez moi, et quand j’ai entendu les tirs, je suis sortie en courant. Les rebelles m’ont immédiatement capturée. Certains portaient des treillis militaires ; d’autres étaient en tee-shirt et en pantalon militaire. Il y avait des camions-cargo militaires et des 4x4 autour de la ville. Six d’entre eux nous ont attrapées, moi et quatre autres personnes. Ils nous ont enfermées dans l’une des plus grandes maisons du village. Alors qu’ils nous mettaient là, l’un d’eux a dit : « On n’est pas venus ici pour vous. On n’est pas venus ici pour vous tuer. » […] Le deuxième jour, ils ont amené d’autres personnes dans la maison. Certaines étaient du village, pour la plupart d’autres personnes âgées ou malades qui ne pouvaient pas fuir. Et puis, il y a eu d’autres personnes comme nous qu’ils ont amenées des villages voisins. Au total nous étions plus de 30, peut-être même plus de 40.

 

Nous avions tous plus de 45 ans. […] Quel combat leur a-t-on livré ?

 

C’est ce jour-là qu’ils ont commencé à tuer. Les rebelles ont traîné les gens hors de la maison et puis les ont exécutés juste devant. Je pouvais regarder dehors et j’ai tout vu. J’étais tellement surprise la première fois, on a tous pleuré, sachant alors qu’on allait mourir. Ils ont saisi un vieil homme— ils étaient trois à être entrés—, l’ont traîné dehors, lui ont dit de s’éloigner en marchant, puis ils l’ont abattu à deux-trois mètres de distance. Son corps s’est simplement écroulé sur le sol. Puis ils sont rentrés et ont saisi quelqu’un d’autre. Ce jour-là, ils ont tué le chef de notre village. […] Au total, ils ont tué plus de 20 personnes détenues, plusieurs personnes chaque jour. Après trois jours d’exécutions, ils ont rassemblé quelques cadavres et les ont brûlés. L’odeur était épouvantable à cause de tous les corps en décomposition devant la maison. […]

 

Ils m’avaient frappée sur le pied avec une kalache le premier jour, et mon pied était vraiment enflammé. Un jeune rebelle est venu me trouver à cause de ma blessure et m’a dit que je devais aller dans la brousse ramasser du bois pour cuisiner pour eux plus tard. Il a dit à son ami que je ne pouvais pas m’enfuir vu que mon pied était très enflammé. Ils ne se rendaient pas compte que j’étais encore forte, que je savais que si je restais, je serais tuée. Donc quand je suis allée dans la brousse pour chercher du bois, j’ai pris la fuite. Je suis restée dans la brousse pendant deux semaines. […] Je ne sais toujours pas où se trouvent mon mari et mes enfants.

 

Un homme de 84 ans détenu dans une autre maison de Doké avec six autres Guérés a expliqué que le cinquième jour de leur captivité, des soldats en uniforme des Forces républicaines ont verrouillé la maison dans laquelle ils étaient détenus et qui ne comptait qu’une seule pièce, ouvrant ensuite le feu à travers les murs. Cinq des sept captifs sont morts immédiatement, tous avaient plus de 50 ans, et le témoin a eu trois blessures par balle à la jambe gauche. Les forces pro-Ouattara ont quitté le village— qui a été repris brièvement le jour même sans coup férir par les forces pro-Gbagbo—, permettant à l’homme de s’échapper avec l’autre survivant. Ils ont trouvé une voiture qui les a emmenés à Guiglo, où la Croix-Rouge les a soignés. Menacé par une autre attaque imminente des Forces républicaines à Guiglo, l’homme de 84 ans a parcouru pendant deux semaines plus de 100 kilomètres à pied pour rejoindre le Libéria et trouver refuge dans un village libérien.

 

Viols et autres violences sexuelles

 

Human Rights Watch a recueilli des informations sur 23 cas de viol et autres violences sexuelles commis par les Forces républicaines lors de leur progression dans l’extrême ouest du pays. Toutes les victimes étaient guérés. Dans plusieurs cas, les agresseurs ont fait allusion à l’origine ethnique de la victime avant ou pendant le viol. Des informations dignes de foi émanant d’organisations humanitaires travaillant le long de la frontière ivoiro-libérienne semblent indiquer qu’il existe des dizaines d’autres cas analogues.

 

Dans quelques cas, les combattants ont capturé des femmes et des filles lors de l’attaque initiale d’un village, les ont forcées à aller dans la brousse avoisinante et les ont violées. Une femme de 31 ans originaire de Bohobli, un village proche de Toulepleu, avait décidé de ne pas s’enfuir lors de l’avancée des forces d’Alassane Ouattara car sa grand-mère ne pouvait pas partir et elle-même était handicapée du pied. Elle a confié à Human Rights Watch que trois hommes armés étaient entrés chez elle. Un combattant a tué la grand-mère à coups de machette, tandis que les deux autres ont traîné la femme dans la brousse, où ils l’ont violée.

 

Dans la majorité des cas documentés, les combattants ont enfermé les femmes dans des maisons pendant un ou plusieurs jours, commettant des viols collectifs répétés avant de partir pour la ville ou le village voisin. Aux alentours du 7 ou 8 mars, les Forces républicaines (forces pro-ouattara) sont passées par Basobli, à une dizaine de kilomètres de Toulepleu en direction de la frontière libérienne. Bien que la plupart des habitants aient fui dès qu’ils ont appris la chute de Toulepleu, une femme de 25 ans qui s’est entretenue avec Human Rights Watch est restée au village pour veiller sur ses jeunes frères et soeurs : Des rebelles armés sont arrivés au village. Sept d’entre eux ont investi la maison familiale et m’ont gardée prisonnière pendant deux nuits avec trois frères et soeurs plus jeunes et une cousine. Trois des sept hommes m’ont violée dans la maison à de multiples reprises les deux nuits. Les rebelles étaient toujours là, mais pendant la journée, j’étais autorisée à circuler dans le village. Trois autres femmes du village étaient détenues chez elles; je parlais avec elles pendant la journée, et les femmes m’ont dit qu’elles étaient violées aussi. Lorsque nous nous sommes parlé le troisième jour, nous avons décidé de fuir. Je suis allée chercher ma famille et dès que la chance s’est présentée, nous nous sommes enfuis dans la brousse.

 

Après que les forces pro-Ouattara avaient pris Bloléquin le 20 mars, elles ont également enfermé les hommes et les femmes qu’elles avaient capturés pendant les combats et qui étaient dans l’impossibilité de fuir. Dans une villa située non loin de la préfecture où étaient installés plusieurs commandants des Forces républicaines, des combattants ont violé à plusieurs reprises huit jeunes femmes guérés, dont plusieurs filles, comme l’a décrit un homme détenu avec elles :

 

On m’a emmené dans une maison de Bloléquin en même temps que 15 autres prisonniers. C’était une très grande villa en ville. Les chefs militaires des FAFN [Forces nouvelles, forces rebelles pro-soro et pro-ouattara] étaient installés dans le bâtiment de la préfecture en ville, mais un autre groupe FAFN avait réquisitionné cette maison qui n’était pas trop éloignée. Ils nous ont gardés prisonniers là. Sur les 16, huit étaient des femmes—dont quelques filles de 14, 15 ans. On était tous guérés. […] Pendant la nuit, ils sont venus et ont saisi les femmes, qui criaient et imploraient les soldats de ne pas les toucher. Tous les FAFN qui étaient là avaient la même idée en tête, violer les femmes, surtout les plus jeunes. La première fois, trois des soldats sont venus en même temps et l’un d’eux a dit alors qu’il empoignait une fille : « Vos maris guérés voulaient la guerre avec nous, eh bien nous allons leur donner la guerre. »

 

Ils se sont même battus entre eux, devant nous, pour savoir qui pourrait être avec telle ou telle fille. Toute la nuit ils ont emmené les filles— un ou deux FAFN en attrapaient une, emmenaient la fille dans une pièce de l’autre côté du couloir, ou en bas— et puis, ils la violaient. J’ai écouté les cris toute la nuit ; je n’ai pas dormi, aucun d’entre nous n’a dormi. Puis ils ramenaient les filles, et c’était au tour d’un autre FAFN. On était tous enfermés dans la même pièce, et les filles revenaient et nous disaient que les soldats les avaient violées à maintes reprises. Elles ont dit que les soldats appuyaient la pointe d’un fusil ou une machette contre leur cou, leur disaient de se déshabiller et puis les violaient.

 

Les crimes susmentionnés— meurtres à l’arrivée des Forces républicaines dans les

villages, exécutions de vieillards incapables de fuir, violences sexuelles et destruction

de villages par le feu— semblent avoir été essentiellement commis par les forces sous le commandement direct du capitaine Eddie Médi. Ancien commandant des Forces nouvelles à Danané, Eddie Médi a dirigé ses forces de Zouan-Hounien vers Toulepleu, puis de Bloléquin vers Guiglo au cours de l’offensive du mois de mars.

 

Dans la prochaine publication, nous vous dirons plus sur ce capitaine digne de la Cpi. Un véritable criminel de guerre protégé par le régime Ouattara jusqu’à ce jour.

 

Pour la première partie, cliquez ici, la deuxième partie ici et la troisième partie ici  et la cinquième partie ici

Publié dans Droit de l'homme

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Placide 20/05/2012 01:06


Ce temoignage est tellement fort qu'il ne faut pas aveuglement condamner les auteurs car pour ce comporter de la sorte il faut avoir subit une frustration qui ne dit pas son nom Le temoignage
m'emene a m'interroger. Pourquoi?

thruthway 20/05/2012 11:46



Quelle frustration peut justifier de telles atrocités? dites-nous...